vendredi 18 juin 2021

LUTTE OUVRIÈRE BEZONS Z.I. LE 14/06/2021

 


Licenciements c'est toujours non ! 

Mardi 8, nous étions plusieurs dizaines rassemblés devant la sous-préfecture d’Argenteuil, pour redire une nouvelle fois, notre opposition au projet de fermeture de l’usine de Bezons. Mais aussi pour dénoncer les cadeaux de l’État aux actionnaires licencieurs. On continue ! 

RAS LE BOL 

Vendredi dernier, les travailleuses de l’atelier 35 de PPG en ont eu ras le bol. Alors que la direction ne rêve que de mettre la clé sous la porte, elle n’hésite pas à faire pression pour sortir une production. Nous avons cessé le travail pour aller dire haut et fort ce qu’on pensait au DRH. Il n’a pas eu d’autre choix que d’écouter !

 SOLIDAIRES 

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre et nous nous sommes rapidement retrouvés une quarantaine devant les bureaux des RH. Des semaines de mobilisation ont crée des liens solides qui nous serons encore très utiles pour maintenir la pression sur PPG lors des prochaines actions . 

ÇA LA FOUT MAL 

A chaque forte pluie, c’est le même constat ça fuit de partout. On sait bien que le seul liquide qui intéresse vraiment PPG, c’est le cash, mais pour une boite qui se dit spécialiste dans l’étanchéité des avions ou des voitures, c’est pas rassurant. INTEMPÉRIES, UN TEMPS POUR NOUS Chez Ales en raison des fortes pluies et des inondations il a fallu s’éloigner des machines et arrêter de travailler. Bon maintenant, c’est les fortes chaleurs qui arrivent, y a plus qu’à faire pareil. 

C’EST QUAND ÇA L’ARRANGE 

Chez Tencate, en raison du confinement et du couvre-feu nous étions nombreux à vouloir reporter nos congés au-delà de la date butoir de mai, pour pouvoir profiter de notre temps libre. La direction a refusé. Mais les congés, on a travaillé pour les gagner, ils sont à nous. En disposer librement, c’est le minimum.

 MAUVAISE CHAINE 

En début d’année, la direction d’Yvel annonçait son intention d’imposer une demie heure supplémentaire tous les jours. Plus tard, elle annonçait vouloir supprimer des productions et des postes de travail. Encore plus tard, démarrer une équipe de nuit et maintenant la voilà qui revient à la demi-heure sup quotidienne, cette fois au volontariat. Elle zappe beaucoup... mais le programme est toujours aussi mauvais.

 PLEIN LE DOS

 Travailler à la chaîne, chez Yvel, c’est produire 800, 900 ou 1000 verrous par équipe avec toujours les mêmes gestes répétitifs. On n’en ferait la moitié que la journée serait déjà bien remplie. La direction se moque des dos cassés, pas nous ! On vient gagner sa vie pas y laisser notre santé.

 REPARTISSONS LE TRAVAIL ENTRE TOUS Les productions automobile et aéronautique baissent un peu. La belle affaire ! Quand bien même les constructeurs vendraient 20 % d’avions ou de voitures en moins, il faut bien faire les 80 % restant. Alors, pourquoi condamner les uns au chômage, pour faire courir davantage les autres, au mépris de leur santé ? Nous avons tous besoin de vivre. Tous les bras et les cerveaux sont utiles. Les milliards distribués aux actionnaires seraient plus utiles à garantir des emplois dignes pour tous. 

DE QUOI SECOUER LES DIRECTIONS ! 

Dans une usine de Renault-Trucks, trois travailleurs ont été licenciés simplement pour avoir secoué un appareil à boissons qui avait gardé l’argent sans donner la boisson demandée. Dans un entrepôt Amazon, un salarié a été mis à la porte pour avoir dénoncé, sur la messagerie interne de l’entreprise, la faiblesse des salaires. Et ce ne sont pas des cas isolés. Pour augmenter encore et toujours leurs profits, les patrons imposent leur dictature dans leurs entreprises. Il n’y a aucune raison de les laisser faire ! 

MENSONGES ASPHYXIANTS 

Renault, Volkswagen, Peugeot et Citroën ont été mis en examen pour avoir élaboré des systèmes de contrôle antipollution de leurs moteurs diesel permettant de cacher qu’ils dépassaient les normes imposées en conditions réelles de conduite. Les constructeurs n’ont aucun scrupule à mentir sur les risques pour la santé de la population, tant que ça gaze pour leurs profits. 

AUX ÉLECTIONS RÉGIONALES, VOTEZ LUTTE OUVRIÈRE

 


Dimanche prochain aura lieu le premier tour des élections régionales. Ces élections donnent aux travailleurs l’occasion d’exprimer les revendications de leur camp social. Il faut la saisir. Ces élections ne peuvent pas changer leur avenir. C’est dans les entreprises que les travailleurs peuvent être en mesure, par leurs luttes, d’imposer au grand patronat un rapport de force en leur faveur qui change leur sort. Si Lutte ouvrière présente des listes à l’échelle de tout le pays, c’est pour dire aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes et retraités des classes populaires qu’ils ne sont pas obligés de donner leur voix à des partis qui défendent cet ordre social, ni obligés de se taire en s’abstenant. Ils peuvent voter pour faire entendre leurs revendications et leurs intérêts politiques. tionner sur d’autres bases. 14/06/2021 Toute notre organisation sociale est dominée et dirigée par un grand patronat qui n’est responsable que vis-à-vis des actionnaires. Il ne s’agit pas de cupidité individuelle, c’est la logique du système qui pousse les capitalistes à l’accumulation. Pour rester dans le haut du panier, il faut être plus gourmand, plus rentable, plus rapace que les concurrents. Même si cela signifie de plus en plus de chômage et de misère. Vis-à-vis de la société, c’est l’irresponsabilité la plus complète. Tous les travailleurs ont besoin d’un emploi pour vivre. Tous doivent pouvoir travailler. Il faut conserver tous les emplois et refuser que les CDD et les intérimaires soient mis à la porte. Même quand il y a moins de charge de travail, il faut la répartir entre tous, baisser les cadences, réduire la durée de travail, sans diminuer les salaires. Macron et ses ministres aiment dire qu’il faut que le travail paye. Mais des millions de salariés sont payés au Smic, ne touchant même pas 1200 € net, sans parler de tous ceux qui n’ont qu’un travail à temps partiel. Il faut prendre sur les profits pour augmenter les salaires, les allocations et les pensions. Et comme les prix commencent à monter, il faut imposer l’indexation des salaires sur l’inflation. La pandémie a été une aubaine pour de nombreux capitalistes. Amazon, Google, les groupes de la grande distribution, comme Carrefour ou Auchan, ont profité de la crise sanitaire pour accroître leurs profits. Face aux mensonges et chantages patronaux consistant à dire qu’il est impossible d’augmenter les salaires, il faut le contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises. Augmenter les salaires va à l’encontre des lois de la compétitivité et de la concurrence ? Mais ces lois ne sont pas des lois de la nature, elles ne profitent qu’à la bourgeoisie et conduisent toute la société à la catastrophe. Il ne faut pas craindre d’aller à l’encontre des lois capitalistes. La société peut foncPour le monde du travail, c’est tout le contraire. On a vu pendant la crise sanitaire à quel point les travailleurs étaient responsables. Il faut se rappeler comment les travailleurs de la santé, les ouvriers de l’agroalimentaire, les caissières, les éboueurs, les travailleurs du bâtiment ont tenu leurs postes, parfois la peur au ventre, avec dévouement. Et les travailleurs ont aussi été à l’origine de mille et une initiatives, en organisant la solidarité dans les quartiers populaires, en distribuant de la nourriture, des livres, ou pour coudre des masques. Le camp des travailleurs n’a pas d’autres intérêts que ceux de l’écrasante majorité de la population. Quand les salariés des hôpitaux se battent contre les suppressions de lits et pour de meilleures conditions de travail, quand ceux des transports se battent pour que la maintenance ne se fasse pas au rabais ou pour que des lignes ne soient pas vendues à des capitalistes privés uniquement soucieux de faire de l’argent, ils se battent pour les intérêts des usagers. Quand des travailleurs se battent pour ne pas être licenciés ou pour empêcher la fermeture de leur usine, ils se battent pour eux et aussi contre le chômage. Ce sont même les seuls dans cette société qui se battent contre le chômage, et donc pour nous tous ! Voter pour les listes Lutte ouvrière, c’est affirmer que les travailleurs font tout fonctionner et sont capables de diriger la société. De nouvelles explosions sociales sont inévitables, mais avant même qu’elles se produisent, il faut que la conscience de classe grandisse. Et dans ces élections, cela peut se traduire par ce geste tout simple de voter pour Lutte ouvrière afin de faire entendre le camp des travailleurs.                                     

vendredi 28 mai 2021

Dimanche 13 juin à Presles

 Le 13 juin aura lieu un rassemblement de soutien aux listes de Lutte ouvrière aux élections régionales, de 9h à 20h.

A 15h : meeting de Nathalie Arthaud, qui conduit la liste de l’Île-de-France.

Ce rassemblement aura lieu sur le terrain de Presles, où se tient habituellement la fête de Lutte ouvrière. Nous tiendrons bien sûr compte dans son organisation de toutes les obligations liées au respect des normes sanitaires actuelles.

Participation aux frais

5 euros, ou plus en soutien. Les cartes sont disponibles auprès des militants ou peuvent être commandées en ligne.

Pass sanitaire

Chaque participant (de plus de 11 ans) devra présenter à l'entrée son pass sanitaire, soit à l'heure actuelle:

- la preuve d'un test (PCR ou antigénique)

- ou le certificat de vaccination complète

- ou le certificat de rétablissement du COvid-19

Accès

En train : nous recommandons ce moyen de transport. La gare de Presles-Courcelles (ligne H) est à 900 m du lieu du rassemblement. Navette entre la gare de Presles et l'entrée (priorité aux personnes à mobilité réduite)

Horaires sur transilien.com

La SNCF prévoit un train toutes les heures de Paris -Gare du Nord à partir de 6h34 (durée : 38 minutes). Retrour : toutes les heures de 5h47 à 23h47.

En voiture : Presles est un village et le stationnement y est difficile. Merci de respecter les signalisations. Parking  réservé à 300 m du rassemblement.

Covoiturage : voir l'événement sur Mobicoop

mardi 25 mai 2021

PPG Bezons : Patron voyou, gouvernement complice !

La direction de l’entreprise PPG voudrait condamner au chômage quasiment 300 familles en comptant les sous-traitant ou intérimaires qui travaillent sur le site au côté des 208 embauchés. Pourtant l’entreprise n’est pas en difficulté. Elle possède une importante trésorerie de plusieurs milliards de dollars qui lui permet de voir venir. Elle a racheté plusieurs autres sociétés dans le monde, la encore pour plusieurs milliards, augmentant d’autant la valeur de la société. Et a distribué des dividendes comme tous les ans à ses actionnaires, comme si de rien n’était.

Le gouvernement français a aussi versé à l’usine PPG de Bezons plusieurs millions d’euros d’aide pour la recherche ou l’emploi. Avec le résultat que l’on connaît : l’usine ferme et les brevets seront utilisés ailleurs !

Ce mardi 25 mai, dès l’aube, pas moins de 17 fourgons de CRS, sont intervenu dans la zone industrielle de Bezons. Pour y coincer le PDG d’une multinationale qui a détourné les millions d’argent public ? Eh bien non, pour déloger les travailleurs qui s’opposent à la décision de patrons voyous de les licencier ! Les policier ont réussi à débarrasser le camp des grévistes mais les travailleurs n’ont pas finit de se battre, ni de mettre la pression sur cette direction vampire ! 

 

lundi 24 mai 2021

Rassemblement festif de Lutte ouvrière à Presles

 

Le 13 juin aura lieu un rassemblement de soutien aux listes de Lutte ouvrière aux élections régionales, de 9h à 20h.

A 15h : meeting de Nathalie Arthaud, qui conduit la liste de l’Île-de-France.

Ce rassemblement aura lieu sur le terrain de Presles, où se tient habituellement la fête de Lutte ouvrière. Nous tiendrons bien sûr compte dans son organisation de toutes les obligations liées au respect des normes sanitaires actuelles.

Participation aux frais

5 euros, ou plus en soutien. Les cartes sont disponibles auprès des militants ou peuvent être commandées en ligne.

Pass sanitaire

Chaque participant (de plus de 11 ans) devra présenter à l'entrée son pass sanitaire, soit à l'heure actuelle:

- la preuve d'un test (PCR ou antigénique)

- ou le certificat de vaccination complète

- ou le certificat de rétablissement du COvid-19

Accès

En train : nous recommandons ce moyen de transport. La gare de Presles-Courcelles (ligne H) est à 900 m du lieu du rassemblement. Navette entre la gare de Presles et l'entrée (priorité aux personnes à mobilité réduite)

Horaires sur transilien.com

La SNCF prévoit un train toutes les heures de Paris -Gare du Nord à partir de 6h34 (durée : 38 minutes). Retrour : toutes les heures de 5h47 à 23h47.

En voiture : Presles est un village et le stationnement y est difficile. Merci de respecter les signalisations. Parking  réservé à 300 m du rassemblement.

Covoiturage : voir l'événement sur Mobicoop

un rassemblement réussi

 

Vendredi 21 mai, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées devant l'usine PPG de Bezons pour protester contre l'annonce de sa fermeture. Les salariés en grève avaient appelé à un rassemblement des "victimes du capital". Il y a eu plusieurs interventions de délégations de travailleurs confrontés à la logique patronale qui fait passer le profit avant les droits élémentaires. 

Les licenciements et le chômage menacent et pèsent  sur tous les travailleurs. C'est tous ensemble qu'il faudra y répondre en imposant la répartition du travail entre tous.

Visite de Nathalie Arthaud aux grévistes de PPG jeudi 20 Mai.



Nathalie Arthaud est passée voir les grévistes de l'usine PPG de Bezons, avant la réunion d'Argenteuil. 

Les grévistes avaient à cœur de lui présenter la situation de l'entreprise et surtout de dénoncer les millions d'euros d'aides de l'État, reçus par PPG, au titre du Crédit d'Impôt Recherche ou du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi, alors que l'entreprise récupère les brevets et les clients pour licencier à Bezons!  

PPG se conduit comme un vampire et l'État se prête au jeu.

le siège PPG à Pitsburg, USA un petit air de transylvanie ?
One PPG Place — Wikipédia

 

mercredi 19 mai 2021

LUTTE OUVRIÈRE BEZONS Z.I. le bulletin du 14 mai 21

LA GRÈVE TIENT BON

L’usine PPG est paralysée depuis plus de 20 jours, les travailleurs occupent un campement 24h sur 24 et 7j/7 et le
moral tient bon !
A plusieurs reprises, des temps forts ont donné lieu à
des rassemblements avec à chaque fois entre 50 et
70 salariés.
Licenciés pour le profit des milliardaires ça ne passe
toujours pas !


THE PLACE TO BE 

Les visites de salariés, de riverains, d’associations,
pour apporter un soutien moral et le plus souvent
matériel continuent et même se multiplient.
Des élus locaux ou des représentants de partis poli-
tiques ont aussi fait le déplacement. C’est le signe
que la mobilisation des travailleurs de PPG se fait
connaître. C’est une bonne chose et tant mieux si
cela sert d’exemple.


TOUS VISÉS, TOUS CONCERNÉS
Soyons nombreux au rassemblement des « victimes
du capital », vendredi 21 mai à 11h, devant l’usine
PPG. Des travailleurs de plusieurs entreprises
confrontés aux licenciements ont déjà annoncé qu’ils
viendraient.
Les attaques contre les travailleurs se multiplient
dans toutes les entreprises, nous n’avons pas d’autre
choix que d’exprimer plus largement notre colère.


GAZ HILARANT
Conséquence de la grève chez PPG, les livraisons
d’Azote ont été interrompues. En plus des bras, le
gaz manque pour la production...
Finalement, c’est quand il n’y a plus d’azote qu’on
se bidonne le plus !


ACCIDENT CHEZ ALES
Il y a quelques jours, un jeune intérimaire a eu le
pied écrasé par une engin de manutention. La direc-
tion au lieu de l’aider à trouver des soins, lui a payé
un uber... vers l’agence d’intérim.
La direction a choisi de s’en laver les mains mais ce
n’est pas pour ça qu’elles ne sont pas sales.


« TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA
MARQUISE »

Ce week-end, un grave incendie a eu lieu chez le
sous traitant de Dassault, Protec industrie de Bezons.
C’est une usine de traitement de surface classée
Seveso. C’est à dire que tous les jours les tra-
vailleurs y manipulent des produits dangereux et très
toxiques.
Immédiatement, la préfecture a fait un communiqué
pour dire qu’il n’y avait pas de danger... comme
après l’incendie de Lubrizol ou celui de l’usine
d’Achère... Aucune raison de leur faire confiance !


IL N’Y A PAS QUE LA FUMÉE QUI VOLE
Certains travailleurs de Protec subissent une baisse
importante de salaire liée au chômage partiel qui
dure depuis 14 mois à cause du covid. Et mainte-
nant, c’est le chômage technique pour tous, à cause
de l’incendie. Les travailleurs ne sont pas respon-
sables, ce n’est pas à eux de payer !

Solidarité avec le peuple palestinien opprimé ! Editorial des bulletins d'entreprise

Les habitants de Gaza sont à nouveau soumis à un déluge de feu et ils pleurent leurs morts. Comme toujours, pour intervenir, l’État israélien a pris pour prétexte des tirs de roquettes du Hamas et il prétend opérer des bombardements « ciblés ». Mais qui peut croire un tel mensonge ?

La bande de Gaza est un territoire de 40 km de long sur 10 km de large, l'un des plus densément peuplés au monde. Comment les bombes pourraient-elles faire le tri entre les civils et les militants du Hamas, alors qu’il n’y a pas de refuges sécurisés, pas d’échappatoires possibles ?

Tirer des roquettes sur Israël, comme le fait le Hamas, est une politique aveugle et terroriste. Mais bombarder une zone comme Gaza l’est à bien plus grande échelle. C’est du terrorisme d’État.

Renvoyer les deux camps dos à dos alors qu’un État prétendument démocratique et surarmé s’acharne à détruire un territoire déjà dévasté, c’est accepter la loi du plus fort. Et c’est surtout tourner le dos à la révolte mille fois légitime des Palestiniens !

Cette révolte est sans cesse étouffée et réprimée par l’État israélien. Mais elle est aussi récupérée et détournée politiquement par le Hamas.

Cette nouvelle révolte n’est d’ailleurs pas venue de Gaza ni du Hamas. Elle est venue de familles qui se sont opposées à leur expulsion dans un quartier de Jérusalem-Est. Elle a ensuite embrasé des villes dites mixtes comme Lod, Jaffa ou Saint-Jean d’Acre, ainsi que la Cisjordanie. C’est pour en prendre le contrôle que le Hamas a déclenché des tirs de roquettes sur Israël.  

Le Hamas a sciemment confisqué la parole aux manifestants et a transformé la mobilisation des masses en affrontement entre deux appareils, de façon à imposer sa politique, ses propres méthodes, sa propre domination au peuple palestinien. Alors, si les Palestiniens ont pour ennemi l’État Israélien, ils ont le Hamas pour adversaire.

Avec les affrontements violents et haineux qui se sont multipliés entre groupes sionistes d’extrême-droite et jeunes Palestiniens, nombre de Juifs israéliens réalisent aujourd’hui qu’ils sont sous la menace d’une guerre communautaire dont ils payent déjà le prix. Mais comment s’en étonner ?

Depuis 70 ans, le gouvernement colonise de nouvelles terres en Cisjordanie et rend impossible la création d’un État Palestinien viable. Il a annexé Jérusalem-Est, imposé le blocus de Gaza et enfermé ses habitants dans une prison à ciel ouvert. Il impose une politique d’apartheid en Israël, où Juifs et Arabes ne disposent pas des mêmes droits. Et régulièrement, lorsque la révolte se fait trop menaçante, il fait la guerre aux Palestiniens. 

Depuis des années, pour se maintenir au pouvoir, Netanyahou s’appuie sur l’extrême droite suprémaciste juive, lui offre des ministères, ferme les yeux sur ses violences et soutient toutes ses entreprises de colonisation.

Cette surenchère réactionnaire a conduit à ce face-à-face glaçant où les uns hurlaient « Mort aux Arabes », quand les autres criaient « Mort aux Juifs ». Il est à souhaiter que cela serve d’électrochoc, car il n’y a pas d’autre avenir pour les deux peuples que de s’entendre.

Est-ce possible ? Oui, à condition de combattre la politique coloniale d’Israël soutenue par les grandes puissances.

Les dirigeants d'Israël ont bâti leur État en niant le droit des Palestiniens à disposer du leur et ils se sont fait le relais régional des puissances impérialistes, en premier lieu les États-Unis. C’est pourquoi il ne faut pas compter sur la prétendue « communauté internationale » pour faire une quelconque pression sur le gouvernement israélien.

Dans ce soutien inconditionnel, Netanyahou peut aussi compter sur le gouvernement français. L’interdiction de la manifestation pro-palestinienne de samedi dernier à Paris en témoigne. Qualifier les manifestants « d’antisémites », comme l’a fait le ministre Darmanin, est une minable contribution à l’oppression des Palestiniens.

Les dirigeants israéliens et palestiniens conduisent leur peuple dans une impasse sanglante avec la complicité des puissances impérialistes. Il faut que ceux qui s’en rendent compte soient de plus en plus nombreux au sein des deux peuples.

La solution ne pourra surgir que des Israéliens et des Palestiniens qui cherchent les moyens de vivre ensemble sur la même terre. Pour cela, ils doivent s’opposer à ceux qui les entraînent dans une guerre entre communautés. Ils doivent se battre ensemble contre l’oppression dont est victime le peuple palestinien. Et affirmer que les deux peuples doivent disposer des mêmes droits, car « Un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre ».