jeudi 6 mai 2021

PPG – Bezons : contre les licenciements, la grève s’installe et dure


Article paru dans lutte ouvrière 2753 du 7 mai. 

Depuis jeudi 29 avril, la majorité des salariés de PPG Bezons, ancienne usine du Joint Français, fabricant de mastics dans le Val-d’Oise, a déclenché une grève illimitée pour s’opposer à sa fermeture. Les grévistes refusent d’être licenciés par une multinationale riche à milliards, qui aurait largement de quoi maintenir les emplois.

La direction de PPG prévoit de transférer les production de Bezons sur deux sites en Angleterre et en Espagne. Là-bas, la direction pense pouvoir imposer une charge de travail bien plus grande aux travailleurs et ainsi gagner davantage, alors qu’elle condamne au chômage 208 personnes à Bezons.

Répartir le travail entre tous avec le maintien des salaires serait le minimum pour éviter le chômage car tout le monde a besoin d’un salaire et tout le monde doit pouvoir avoir un emploi C’est évidemment à l’opposé de la logique des actionnaires.

Empêcher la fermeture de l’usine, dans la situation actuelle, sera sans doute mission impossible. Mais ce n’est pas une raison pour accepter de se laisser jeter à la rue et condamner au chômage sans rien dire.

C’est pour beaucoup d’abord une question de principe, après avoir donné autant d’années de leur vie à cette entreprise. Tout le monde a aussi en tête de limiter le préjudice causé par la perte de son emploi, en revendiquant des mesures comme davantage de préretraites, des mesures de reconversion ou davantage d’indemnités.

La grève s’est installée. Les grévistes occupent l’entrée de l’usine sans avoir vraiment besoin de bloquer quoi que ce soit, car rien ne se produit à l’intérieur. Par contre, l’occupation de l’entrée s’organise. La mairie a fait livrer des barnums qui abritent frigo, friteuse et réserves de nourriture, de quoi tenir plusieurs jours. Un planning organise les roulements pour qu’il y ait toujours assez de monde sur place. Il fonctionne bien mieux que le planning de la direction, qui essaie de faire produire les quelques non-grévistes mais est obligée de changer les horaires à la dernière minute.

Pour l’instant, la mobilisation est 24 heures sur 24, week-end compris. L’occupation donne lieu à de nombreuses discussions, avec le plaisir de pouvoir ainsi redécouvrir ses collègues de travail. Chaque jour d’arrêt de la production est bien sûr vu comme un moyen de faire pression sur la direction. L’idée grandit aussi que ceux de PPG peuvent s’adresser aux autres travailleurs, tous inquiets du chômage.

Un tract a été rédigé dans ce sens, pour dire que ce qui arrive aujourd’hui aux travailleurs de PPG peut arriver à d’autres et que l’État ne fera rien. L’objectif est de le diffuser. Faire partager au plus grand nombre l’envie de résister à la logique aveugle du profit est aussi une façon de faire pression sur la direction.

 

mercredi 5 mai 2021

LUTTE OUVRIÈRE BEZONS Z.I. LE 03/05/2021 /

 24H  /24 CONTRE LES  LICENCIEMENTS

 La  direction  de  PPG  ne  rêve  que  de  fermer  l’usine  en nous  licenciant  tous.    Nous  avons  répondu  par  la  grève depuis  jeudi  29,  l’usine  est  bloquée  et  rien  ne  sort. Nous  nous  retrouvons  le  plus  souvent   à  plusieurs dizaines  à  occuper  l’entrée  de  l’usine.  Les  roulements s’organisent   nuits   et   jours,   week-end   compris   les volontaires  ne  manquent  pas. Hors   de  question   de  se  laisser  licencier   sans   se défendre.  Nous  avons  bien  raison  de  compter  sur  notre force  collective  !

 TOUS MENACÉS,  TOUS  CONCERNÉS Bien  des  salariés  ou  des  habitants  des  alentours  passent nous  apporter  leur  soutien,  avec  souvent  un  geste concret.  Un  camion  nous  a  apporté  du  bois  pour  le  brasero,   d’autres  de  la  nourriture,  de  l’argent  ou  des tentes.  De  nombreuses  voiture  passent  en  klaxonnant pour  nous  encourager. Lutter  contre  les  licenciements  est  un  combat  que  tout le  monde  comprend  d’autant  mieux  que  personne  ne  se sent  à  l’abri. 

TOUS ENSEMBLE Depuis  jeudi,  les  grévistes  multiplient  les  initiatives  et le  campement  s’organise  pour  tenir  l’entrée  de  l’usine. Il  y  a  le  planning,  les  tentes,  le  frigo,  le  barbecue  et  les repas. Normal,  la  grève,  c’est  l’affaire  des  grévistes. 

DEBORDÉE ?

 A l’arrache,  la  direction  de  PPG  change  les  horaires  de travail  de  ceux  qui  restent,  à  la  dernière  minute,  sans  se soucier  des  problèmes  que  ça  leur  pose. Question  organisation  le  planning  des  grévistes  est mieux  fait  et  surtout,  c’est  tous  ensemble  que  nous  le décidons  ! 

SUPER HÉROS OU  SUPER  ZÉRO ?

 Le  directeur  de  PPG  a  dû  se  retrousser  les  manches  et occuper  un  poste  de  superviseur  pour  tenter  de  faire produire  quelque  chose. Ce  n’est  pas  sûr  qu’il  y  arrive,  en  attendant,  il  occupe déjà  le  poste  de  super  jongleur. 

A FORCE DE FERMER...

 Chez  Tencate,  c’est  le  manque  de  polymère  qui  a mis  les  machines  à  l’arrêt  et  chez  Yvel,  c’est  le manque  de  pièces  détachées. La  pénurie  sera-t-elle  la  nouvelle  mode  printemps été  ? 

SALAIRES  À  LA PEINE 

L’autre   pénurie,   est   celle   qui   s’annonce   sur   nos salaires.  Le  manque  de  matières  premières  annonce une  accélération  de  la  hausse  des  prix. Puisque  la  direction  de  Tencate  a  débuté  les  réunions annuelles  à  propos  des  salaires  autant  lui  rappeler  que nos  salaires  aussi  ont  besoin  d’augmenter. 

PLEURE PAS  LA BOUCHE PLEINE

 La  direction  de  P&B  (Alés)  vient  d’acheter  une  nouvelle  usine  en  Normandie. Pour  une  société  qui  se  plaint  toujours  de  ne  pas  avoir d’argent…  ça  a  l’air  d’aller  ! 

MANIF DU 1ER MAI, UNE AGRESSION ODIEUSE. 

À  la  fin  de  la  manifestation  du  1er  mai,  à  Paris  et  à Lyon,  plusieurs  dizaines  de  nervis  cagoulés  ont  attaqué le  cortège  de  la  CGT,  jetant  des  pavés  sur  les  camionnettes,  proférant  des  insultes  racistes  et  tabassant  plusieurs   militants.   21  d’entre   eux  sont  blessés,  dont quatre  dans  un  état  grave. Ceux  qui  ont  perpétré  cette  agression,  quelles  que soient  les  idées  dont  ils  se  réclament,  sont  des  ennemis des  travailleurs  et  ne  valent  pas  mieux  que  l’extrêmedroite.

 L’EXPLOITATION  TUE

 Depuis  le  début  de  l’année,  112  personnes  sont  mortes d’un  accident  du  travail.  Parmi  elles,  un  ouvrier  du bâtiment  malien  sans-papiers,  Bary  Keita,  auquel  ses camarades  ont  rendu  hommage  pendant  la  manifestation  du  1er  mai. Les  responsables  de  cette  hécatombe  sont  les  patrons qui  utilisent  la  peur  du  chômage  ou  la  peur  de  l’expulsion  pour  ceux  qui  n’ont  pas  de  papiers,  afin  d’imposer des  conditions  de  travail  dangereuses. Leurs  profits  sont  tâchés  de  sang. 

FONDERIES, EN  LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS 

Les  travailleurs  de  la  Fonderie  de  Bretagne,  dans  le Morbihan,  se  battent  contre  la  fermeture  de  leur  usine. Le  groupe  Renault  qui  en  est  propriétaire  veut  la mettre  en  vente,  menaçant  350  travailleurs  de  perdre leur  emploi. Renault  voudrait  supprimer  15  000  emplois  dans  le monde,  alors  qu’il  a  des  milliards  en  caisse  et  largement  les  moyens  de  maintenir  tous  les  emplois. Les   travailleurs   de   cette   entreprise   défendent   leur gagne-pain.  Ils  ne  doivent  pas  restés  isolés. 

TAXER LES CAPITALISTES NE SUFFIT PAS, IL FAUT LES EXPROPRIER ! Éditorial des bulletins lo d'entreprises

    Depuis  que  Biden,  le  président  des  États-Unis,  a annoncé  vouloir  taxer  les  plus  riches  et  les  grands groupes  capitalistes,  les  leaders  de  la  gauche  gouvernementale  sont  en  extase.  Roussel,  le  dirigeant  du PCF,  s’est  même  exclamé  :  «  C’est  incroyable  …  j’ai l’impression  qu’il  a  pris  sa  carte  au  PCF...  Le  plan qu’il  met  en  œuvre  est  un  plan  révolutionnaire  ». On  pourrait  en  rire  si  ce  n’était  aussi  triste  :  au  pouvoir,  les  partis  de  gauche  ont  été  incapables  ne  seraitce  que  d’augmenter  les  impôts  des  plus  riches,  et  les voilà  transis  d’admiration  pour  Biden,  le  chef  de  la première  puissance  impérialiste  ! Biden  n’est  pas  plus  l’ami  des  travailleurs  que  ne  le sont  Macron,  Xi  Jinping  ou  Poutine.  Il  cherche  à donner  un  coup  de  fouet  à  l’économie  de  son  pays  et aux  affaires  de  la  bourgeoisie  américaine.  Et  Wall Street,  qui  a  applaudi  son  arrivée  au  pouvoir  et  vient de  retrouver  son  niveau  d’avant  Covid,  s’en  félicite  ! Les  annonces  de  Biden  sont  en  grande  partie  bidon. Elles  se  bornent  pour  l’essentiel  à  annuler  les  baisses d’impôts  opérées  par  Trump  et  n’entreront  en  vigueur que  si  le  Sénat  les  valide.  Quant  à  la  taxation  internationale   des  multinationales  qu’il  brandit,  elle  reste purement  hypothétique. L’enthousiasme  des  partis  de  gauche  ne  fait  pas  de Biden  un  socialiste  !  Cela  montre  seulement  le  degré d’abaissement  atteint  par  le  PS,  le  PCF  ou  encore  La France  Insoumise. Le  prétendu  «  socialisme  »  des  partis  de  gauche tient   désormais   en   un   slogan  :   «  Taxer   les   plus riches  pour  mieux  partager  les  richesses  ».  Que  les plus  riches,  la  bourgeoisie  et  les  grands  actionnaires soient  mis  à  contribution  serait  bien  la  moindre  des choses  ! Pour  l’année  2020,  Arnault  touchera  1,5  milliard  de dividende  de  ses  actions  dans  LVMH,  soit  quatre  millions  pour  chaque  jour  de  l’année.  Grâce  à  son  paquet d’actions  dans  L’Oréal,  Meyers-Bettencourt  encaissera plus  de  deux  millions  par  jour.  Et  pendant  ce  temps,  le gouvernement  baisse  les  allocations  de  plus  d’un  million  de  chômeurs.  Il  mégote  sur  les  salaires  des  soignants,  la  formation  et  l’embauche  de  personnel.  Il  fait planer  la  menace  d’une  nouvelle  réforme  des  retraites. Il   n’y  a  aucune  raison  de  l’accepter.  Satisfaire  les besoins  des  travailleurs  exige  de  prendre  sur  les  profits  de  la  bourgeoisie  ! Ce  n’est  pas  une  question  de  «  justice  fiscale  »,  car quelle  justice  attendre  d’une  société  basée  sur  l’exploitation  ?  C’est  une  question  de  lutte  de  classes,  de rapport  de  forces,  de  luttes  collectives.  C’est  une  question  de  défense  de  nos  intérêts  vitaux  et,  pour  cela,  il ne  faut  pas  compter  sur  un  homme  providentiel,  mais sur  nos  propres  forces. Taxer  les  capitalistes  ne  leur  retire  pas  leur  pouvoir de  nuire.  Cela  ne  leur  enlève  pas  le  pouvoir  d’exploiter  les  travailleurs,  d’écraser  les  salaires,  d’imposer  des  conditions  de  travail  de  plus  en  plus  difficiles  aux  uns  et  de  licencier  les  autres.  Cela  ne  leur enlève  pas  le  droit  de  dominer  la  société  du  haut  de leurs  capitaux  et  de  leur  propriété  privée. Un  des  problèmes  de  l’heure  est  celui  des  brevets sur  les  vaccins  anti-Covid  qui  freinent  leur  production massive.  Chaque  semaine  de  retard  dans  la  vaccination  se  solde,  ici  en  France,  par  1200  morts  supplémentaires.  En  Inde,  réputée  pour  être,  avec  la  Chine, «  l’armoire  à  pharmacie  mondiale  »,  la  pénurie  de vaccins  et  d’oxygène  fait  officiellement  plus  de  4000 morts  chaque  jour,  et  sans  doute  bien  davantage  ! En  s’arc-boutant   sur   leur   propriété   privée,   les actionnaires  des  trusts  pharmaceutiques  se  conduisent en  criminels.  On  ne  réglera  pas  le  problème  en  les taxant  davantage,  mais  en  les  expropriant  et  en  organisant  la  production  de  vaccins  en  dehors  de  toute  loi  du profit,  en  dehors  de  la  concurrence  et  du  marché. Si  la  crise  sanitaire  est  devenue  catastrophique, c’est  en  grande  partie  parce  que  la  classe  capitaliste  ne jure  que  par  ses  profits.  Pour  la  même  raison,  elle  est  à l’origine  du  chômage  de  masse,  des  inégalités,  de  la crise  écologique  et  des  guerres.  C’est  encore  elle  qui nous  enfonce  dans  une  crise  économique  sans  fin  et nous  place  en  permanence  sous  la  menace  d’un  nouveau  krach  financier.  Tant  que  cette  classe  dirigera, elle  sera  un  obstacle  au  progrès  des  travailleurs  et  de la  société. Plus  que  faire  payer  la  bourgeoisie,  il  faut  lui enlever  les  rênes  de  la  société,  renverser  son  pouvoir en  l’expropriant.  Cela  a  été  l’objectif  des  premières générations  de  militants  qui  se  sont  réclamés  du  socialisme  et  du  communisme.  Il  doit  rester  celui  de  tous ceux  qui  visent  à  l’émancipation  des  exploités.  Le monde  ouvrier  fait  déjà  le  plus  difficile  :  il  fait  fonctionner  la  société  malgré  la  crise.  S’il  en  est  capable, c’est  qu’il  peut  la  diriger  !.                                  

Odieuse agression anti-ouvrière

 

Samedi 1er mai à l’issue de la manifestation parisienne, le cortège de la CGT a subi une attaque odieuse à coups de barres et jets de projectiles, entraînant 21 blessés dont quatre graves parmi les militants CGT.

Ces agresseurs, proférant des insultes homophobes et racistes, ont mené une attaque qui ressemble en tout point à une manœuvre de nervis anti-ouvriers, qu’ils soient d’extrême droite ou pas. Quant aux forces de police, elles en ont été complices puisqu’elles ont bloqué les véhicules de la CGT, les empêchant d’échapper à l’agression.

Les travailleurs qui veulent faire vivre le mouvement ouvrier et sa perspective d’en finir avec le pouvoir de la bourgeoisie, doivent se préparer à se défendre eux-mêmes.

samedi 1 mai 2021

Des milliards en Rafale

L'association anti-corruption Sherpa porte plainte contre X à propos de 36 Rafale vendus à l'Inde en 2016 par Dassault aviation pour 7,9 milliards d'euros.

Après plus de quatre années de négociation, dans le cadre d'un accord inter-gouvernemental, ce contrat avait été finalisé sous Hollande. Selon les enquêtes de journalistes, le contrat aurait donné lieu au versement de commissions occultes à des intermédiaires, tandis que le gouvernement français aurait annulé un redressement fiscal concernant une entreprise indienne impliquée dans la négociation.

Pour vendre des engins de mort, capitalistes et gouvernements ne reculent devant aucune magouille !

 

vendredi 30 avril 2021

La grève s'installe devant l'usine PPG

 

La gréve s'installe ! 
 

Plusieurs dizaines de salariés de l'usine de PPG sont en grève et bloquent l’accès au site depuis jeudi 29 avril.

Ils s’opposent au projet de fermeture de la direction qui se traduirait par le licenciement de 208 salariés. Et ils ont bien raison ! 

Les grévistes s'organisent pour bloquer les accès, jour et nuit, et ce week-end aussi. Ils ont établi un planning de roulement. Ils ont reçu des soutiens en vivre, en bois pour les braseros et des tentes de la mairie. Le Frigo est branché et le barbecue tourne à fond.

La direction voulait les jeter dehors comme des klennex... mais cela ne passe pas ! Les travailleurs ont décidé de ne pas se laisser faire. Leur réaction fait chaud au cœur. C'est un encouragement pour tous ceux qui veulent résister au rouleau compresseur des actionnaires-licencieurs !

Pour l'instant le moral et la détermination sont du côté des grévistes. Il y a fort à parier que cela contribue à bouger les lignes. Leur combat est le notre, soutenons les !

vendredi 23 avril 2021

Zebra : Une liquidation bien ténébreuse !

 

lors du précédent redressement il y a deux ans...

L’entreprise Zebra, spécialisée dans le marquage au sol, a assuré une grande partie de la signalisation des rues d’Argenteuil, et encore dernièrement, les « coronapistes pour les vélos ». Elle a été rachetée à la suite d’un redressement judiciaire, et le licenciement de 14 salariés sur les 32 de l’entreprise, il y a peine deux ans. Le repreneur, le patron d’autres sociétés de marquage, avait promis de garantir les emplois et les salaires aux salariés repris. Mais le temps des promesses n’a pas duré longtemps. Après avoir déménagé les locaux de l’entreprise de Bezons vers Argenteuil, rapidement les problèmes sur les salaires se sont multipliés, et toujours à la baisse ainsi que les remises en cause des conditions de travail. Visiblement, les impôts, la sécurité sociale, la caisse des intempéries ou des congés payés du bâtiment, n’ont pas touché ce que le patron disait verser. Le nouvel employeur s’est aussi allégrement servi chez Zebra, utilisant des camions, des machines outils pour les chantiers de ses autres sociétés et qui ont fini par manquer et empêcher les travailleurs de Zebra de faire leur travail. Il a aussi récupéré les clients principaux, bref, tout ce qu’il pouvait prendre. Depuis peu, l’entreprise est placé en liquidation judiciaire. Elle va fermer. les 15 travailleurs restants vont être licenciés. Et le patron a le culot de dire que c’est la faute aux salariés qui ne travaillent pas correctement et à la CGT ! Jusqu’à maintenant la justice se pose des questions et cherche encore à savoir ce qu’il en est... De leur coté, les travailleurs n’ont pas cessé de dénoncer les irrégularités qui sautent aux yeux. Et ils ne sont pas décidés à se laisser voler une partie de leur salaire ni à se laisser jeter à la rue sans dénoncer les manœuvres d’un patron peu scrupuleux. Ils n’ont pas fini de faire parler d’eux !

le bulletin de la Zone Industrielle du 19 avril 2021

 

Un sacré encouragement

L’inspection du travail n’a pas accepté le Plan de Sauvegarde de l’Emploi présenté par la direction de PPG-Bezons.

En bon défenseur du monde des riches, l’État ne dit pas qu’une entreprise qui réalise 3 milliards de profits ne doit pas licencier, il trouve que les mesures d’accompagnement sont insuffisantes.

En tous cas, c’est un désaveu pour la direction et un encouragement pour tous ceux qui ne veulent pas se laisser jeter dehors par une multinationale pleine aux as !



Les temps changent

Hourra et cornes de brume ont retenti la semaine dernière. Ce n’était pas au stade après la victoire de Paris où les matchs se jouent à huis clos, mais ici à l’usine, où l’annonce du rejet du PSE par l’inspection du travail a été mieux accueillie qu’un premier but !

Pour que l’équipe des travailleurs PPG se fasse une place en finale, il n’y a pas de secret : jouer collectif et offensif !



Elle ne sait pas ce qu’elle veut

Un bruit court que la direction voudrait redémarrer des productions qu’elle avait arrêtées. Depuis le temps que l’on répète que notre travail est utile, on ne peut pas dire qu’elle soit réactive...

c’est bête, elle aurait dû le dire plus tôt, ça va être serré entre le dentiste et l’acqua-poney.

Immunité collective

La direction a le projet de supprimer l’équipe d’après midi et de la fusionner avec celle de matinée. Cela fait prés d’un an qu’on s’est adapté aux horaires décalés du protocole sanitaire pour éviter les brassages et même malgré ça, le covid a laissé des traces dans l’usine.

Si son projet, c’est d’accélérer l’immunité collective façon Bolsonaro, on n’est pas d’accord.

« nous protégeons et embellissons le monde » ben voyons.

Il y a peu, le directeur du groupe PPG, à Pittsburg, s’est félicité lors d’une conférence devant les actionnaires, des « solides performances en 2020 et du renforcement de nos positions de leader » pour conclure « je suis optimiste pour 2021 malgré les incertitudes liées à la pandémie ». Et de vanter son slogan « nous protégeons et embellissons le monde ».

c’est lui qui le dit : aucune raison de fermer l’usine de Bezons !

La montre du virus

Dans les ateliers d’Yvel, plusieurs d’entre nous ont été testés positifs au covid. La direction a décidé que les membres de l’équipe qui commencent à 6h15 étaient cas contacts mais pas ceux qui commencent à 7h15. Pourtant, on travaille ensemble et on prend la pause ensemble…

Heureusement que le virus sait lire l’heure…



Paroles paroles

En reprenant l’usine Group-Ales de Bezons, le groupe Impala s’est engagé à garantir l’activité pour deux ans… Mais on sait tous ce que valent les promesses de patrons ; pas grand-chose ! Ils ne maîtrisent d’ailleurs rien à l’évolution économique. De nombreuses usines ont fermé, malgré les engagements du style « promi-juré ». Par contre, le repreneur ne s’est pas engagé pour la suite…

Alors bien plus que des promesses, la seule chose sur laquelle on peut compter c’est sur notre force collective pour nous défendre.



On connait la chanson

Le groupe canadien Solmax leader des géosynthétiques annonce « avoir conclu une entente » avec Tencate géosynthétique, pour une vente d’ici quelques mois. Le directeur se félicite de « ce nouvel environnement commercial où nous pouvons apporter encore plus de valeur ensemble ».

Derrière les belles paroles sur l’amour du métier, il y a l’espoir des actionnaires de gagner davantage avec notre travail.



La crise ? Quelle crise ?

La blanchisserie industrielle Elis vient de racheter Scaldis une blanchisserie belge qui fait un chiffre d’affaire de 10 Millions d’euros.

Elle est loin d’être rincée la société Elis.



Fermeture du site Airbus Bezons

La société Signalis, rue rameau dans la Z.I., qui fabrique des systèmes de surveillance des mers par satellite a été racheté par Airbus il y a moins de deux ans. Airbus a maintenant décidé de fermer le site, supprime une vingtaine d’emplois et déménage les autres à Elancourt (78).

Les patrons alimentent le chômage. Pour vivre, nous n’aurons pas d’autres choix que d’imposer la répartition du travail entre tous avec le maintien du salaire.



Pour nous joindre : lutte.ouvriere.bezons@gmail.com

l'éditorial du bulletin de la zone industrielle du 19 avril 21.

DETTE : CE N’EST PAS AUX TRAVAILLEURS DE PAYER !

Avec toutes les incertitudes qui planent sur l’évolution de la pandémie, l’heure des comptes est loin d’avoir sonné. Mais le gouvernement prépare déjà les esprits à payer la facture.

La semaine dernière, le ministre des Comptes publics a lâché le chiffre de 424 milliards. Selon lui, c’est ce que la crise Covid pourrait coûter à l'État pour 2020, 2021 et 2022. Ce chiffre ne vaut pas grand-chose, car il sera révisé des dizaines de fois d’ici 2022. Si le gouvernement le brandit, c’est uniquement pour nous impressionner et préparer le monde du travail à de nouveaux sacrifices.

Le Covid a fait exploser les déficits publics et la dette de l’État, présentée comme une « bombe à retardement ». Mais si les caisses publiques se sont vidées, les coffres-forts de la grande bourgeoisie, eux, se sont remplis.

Alors que les licenciements et les liquidations d’entreprises se sont multipliés, le club des milliardaires français s’est agrandi. Ils sont 42, avec Arnault, Bettencourt-Meyers et Pinault en tête, et ils cumulent près de 500 milliards, une fortune qui dépasse la fameuse note de la crise Covid agitée par le gouvernement. Leur poule aux œufs d’or ? Le luxe, qui se porte très bien en ces temps de crise. En manque de voyages et de palaces, les plus riches ont élargi leur collection de sacs et de bijoux.

La pandémie a été un drame pour l’écrasante majorité de la population. Pour les affairistes et les capitalistes, elle a ouvert de nouveaux eldorados, à commencer par celui des vaccins. Dans une société normalement constituée, un vaccin serait un bien public mondial. Eh bien, dans la société capitaliste, il est le nouveau terrain de jeu des spéculateurs !

À l’annonce de la découverte de son vaccin, la start-up Moderna a vu sa valorisation boursière flamber, son PDG devenant milliardaire en quelques semaines. Pfizer, n’ayant pas connu le même bonheur boursier, fait maintenant tout pour appâter le spéculateur, puisqu’il laisse entendre qu’une troisième dose serait nécessaire et promet de monter le prix de son vaccin à 150 € !

Vaccins, tests, biotechnologies, entreprises du numérique et de la livraison à domicile sont devenus de nouveaux objets de spéculation vers lesquels affluent des centaines de milliards, au point que certains experts s’inquiètent : les biotechs sont en train de créer des bulles spéculatives aussi dangereuses que les subprimes en 2008.

Pendant que les hôpitaux du monde entier, dépourvus de moyens, luttent contre l’épidémie, la frénésie spéculative menace toute l’économie d’un nouveau krach ! Pendant que les aides à domicile ou les salariés de la grande distribution doivent manifester et faire grève ne serait-ce que pour arracher la prime Covid de 1000 euros, d’autres jouent des fortunes au casino de la Bourse.

Alors, si le gouvernement veut rembourser la dette et revenir au plus vite à l’équilibre, comme il le répète, qu’il fasse payer les grandes fortunes qui, en plus d’être des parasites, se conduisent en irresponsables vis-à-vis de toute la société !

Les travailleurs ont déjà payé la crise de bien des façons : en allant travailler à leurs risques et périls, en tombant malades et en contaminant leurs proches, en perdant leur emploi et une partie de leur salaire. Sans honte, le gouvernement a réduit les allocations chômage pour plus d’un million de personnes. Quand des chômeurs étaient censés vivre avec 900 € par mois, ils devront se débrouiller avec 600 € !

Ni le patronat, ni le gouvernement n’ont fait de cadeau aux travailleurs. Le chômage partiel, avec seulement 84 % du salaire net et la perte de toutes les primes, n’en est pas un ! Malgré ce dispositif censé éviter les licenciements, tous les grands groupes ont supprimé des emplois et forcé leurs sous-traitants à faire de même.

Le chômage partiel a surtout permis aux employeurs de faire payer à l’État une bonne partie des salaires, et ils en jouent toujours en alternant des semaines de chômage avec des périodes d’intense activité et de cadences infernales.

Gouvernement et patronat ne cessent de nous dire que nous sommes tous dans un même bateau. Mais quand il y a naufrage, tout se passe comme sur le Titanic : le commandant se préoccupe d’abord de sauver les passagers de première classe et abandonne les soutiers à leur sort ! Alors, quand l’heure des comptes sonnera, il faudra faire payer ceux qui ont profité de la crise.

Faire payer la grande bourgeoisie sera une première mesure de salubrité publique. Mais tant que cette minorité pourra accroître sa fortune sur le malheur et l’exploitation des autres, nous irons de crise en crise. L’exproprier et lui enlever son pouvoir de nuire reste la seule perspective positive.