vendredi 3 avril 2020

Echos de quelques usines de Bezons : YVEL

Il n’y a pas de nécessité à produire des serrures pour les camions. L’usine est à l’arrêt jusque lundi.
Alors que les soignants annoncent que la semaine qui vient sera sans doute plus difficile encore que les précédentes, la direction n’est pas pressée de prolonger la fermeture. Elle a la tête dans les chiffres et n’arrive pas à voir autre chose que le pognon, les cri d'alarmes des hospitaliers ne manquent pourtant pas...

échos de quelques usines de Bezons : Tencate

La direction a finalement décidé de mettre l’entreprise en chômage partiel à partir du 1er avril, soit 15 jours après le début du confinement. 
L’usine produit du textile pour le BTP qui n’a rien d’indispensable. 
Elle aurait fabriqué des masques ou des blouses pour les soignants, on aurait compris la nécessité. 
La direction vient d’annoncer qu’elle accordait une prime de 600 euros en profitant du dispositif Macron. Elle espère peut-être faire oublier son attitude irresponsable. A moins qu’elle ne confirme ce que l’on sait déjà qu’elle, a un compte bancaire à la place du cerveau.


echos de quelques usines de Bezons : PPG


Chez PPG,  : la direction a mis en chômage technique les équipes qui travaillaient pour l’automobile, mais pas celles qui travaillent pour l’aéronautique.
Comme s’il n’y avait pas assez d’avions cloués au sol en ce moment, la direction considère qu’il est nécessaire de fabriquer des composants pour en rajouter…
Il n’y a qu’une seule façon de se protéger, c’est de ne pas venir à l’usine. Le personnel hospitalier, largement submergé crie sur tous les tons : 
« restez chez vous !"
 La direction a t-elle besoin de la traduction en américain ? Stay home !

Elle a, en plus, obligé de venir à l’usine les salariés du secteur de la R&D pour rattraper du travail en retard… 3 travailleurs sont malades du fait du covid. 
La direction s’en moque. Qu’attend-elle ? Un miracle ?


mardi 31 mars 2020

Le bulletin lo de Dassault Argenteuil, à lire et faire circuler sans modération















LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS À MOURIR POUR LES INDUSTRIELS !
L’épidémie continue de s’étendre. De plus en plus de services de réanimation atteignent leur point de rupture ; le 15 est submergé. Certains Ehpad sont devenus des mouroirs, faisant craindre l’hécatombe. Le personnel soignant nous supplie de respecter le confinement le plus strict. Et à quoi pensent les industriels ? À redémarrer leurs usines au plus vite.
C’est le cas de PSA, Renault, Airbus, Safran qui programment leur montée en charge…Certains se cachent derrière l’alibi de fabriquer quelques respirateurs, la réalité est que ces grands groupes s’ajouteront aux entreprises non vitales, de l’armement aux cosmétiques, qui ne se sont jamais arrêtées. Ils imposeront la remise au travail de milliers de sous-traitants. C’est irresponsable et criminel.
Le rassemblement évangélique de Mulhouse a été le point de bascule de l’épidémie en France. En rouvrant ces usines, le gouvernement et le grand patronat recréent 10, 20, 30 rassemblements du même type, au risque de relancer l’épidémie. Pourquoi ? Pour que les ouvriers continuent de suer des profits pour Dassault ou Peugeot. Et après cela, Macron nous dira que la santé passe avant la recherche des profits !
Depuis le début de l’épidémie, chaque décision gouvernementale est pesée, calculée en fonction des intérêts des capitalistes. Il y a bien un plan d’urgence sanitaire, mais celui-ci ne consiste pas à fabriquer masques, gants, tests, respirateurs et médicaments derrière lesquels courent toujours les personnels de santé après dix semaines de mobilisation. Il ne consiste pas à renforcer et à sécuriser le personnel des Ehpad, ne serait-ce qu’en leur permettant de se tester régulièrement. Il n’organise pas des hébergements pour isoler comme il le faudrait les cas positifs au Covid-19 !
Ce plan de guerre injecte 345 milliards dans l’économie pour assurer la continuité des affaires et rassurer les spéculateurs. Il autorise, au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des semaines de travail de 60 heures et légalise le vol de RTT et de semaines de congés payés à ceux qui sont au chômage technique. Imposer et faire accepter des sacrifices exceptionnels aux travailleurs pour les intérêts de la minorité capitaliste, voilà à quoi servent tous ces discours guerriers !
Comme dans toutes guerres, il y a les troupes, la chair à canon, constituées par les travailleurs : les hospitaliers, les ambulanciers, les auxiliaires de vie, les éboueurs, les salariés de la distribution, de l’entretien, des transports, de l’énergie ou les ouvriers de l’agroalimentaire, de la chimie ou de la pharmacie… qui montent au front au péril de leur vie. De l’autre côté, il y a les profiteurs de guerre, les industriels et les banquiers planqués à l’arrière qui cherchent à exploiter la situation.
Pendant que les uns s’échinent à sauver des vies, les actionnaires sont derrière leurs écrans à l’affût du jackpot boursier. Ils s’activent pour sauver leurs profits avec la peau des travailleurs. Eh bien, il faut résister aux pressions et à l’appel aux sacrifices ! Il faut se battre pour que nos vies et nos intérêts de travailleurs soient respectés.
Des millions d’employés et d’ouvriers, ceux-là même que l’on disait en voie de disparition, sont indispensables à la vie sociale et on leur doit la sécurité maximum. Mais les postiers n’ont pas à risquer leur santé et celle de leur famille pour distribuer des catalogues Damart ou Décathlon. Les manutentionnaires d’Amazon n’ont pas à mettre leur vie en danger pour livrer des chaussures ou des DVD. Et les ouvriers de l’automobile n’ont pas à sacrifier leur peau pour que leur entreprise prenne une longueur d’avance sur ses concurrents !
Macron nous demande du civisme, de la solidarité et des efforts pour la « nation ». Mais par « nation », il entend les actionnaires et la bourgeoisie. Car si le gouvernement a autorisé les entreprises à ne plus payer leurs loyers et leurs impôts, il ne l’a pas fait pour les travailleurs qui ne le peuvent plus. S’il veille à ce que les entreprises ne subissent pas de chute de trésorerie, il a acté la perte de 16 % du salaire net pour des millions de salariés au chômage technique.
Sous couvert d’union nationale dans la lutte contre le coronavirus, l’exploitation et la lutte de classe continuent. Et à côté de la sacro-sainte propriété privée et de la recherche de profits, la vie des travailleurs ne pèse pas lourd.
Alors, il faut que les travailleurs se souviennent des mots d’Anatole France au lendemain de la Première Guerre mondiale : « on croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels ». Si nous ne voulons pas que cela se reproduise, il va falloir nous battre pour sauver notre peau en contestant tout l’ordre social bourgeois.
Imp. Spé. LO


Pas de reprise d’activité avec l’épidémie
Contaminé avant la fermeture, un de nos camarades de la tuyauterie est toujours hospitalisé et dans une situation compliquée. Autour de lui, 2 autres travailleurs ont été diagnostiqués positifs.
Au total, la direction reconnaît environ que  150 d’entre nous seraient touchés par le virus sur l’ensemble des établissements.
Trop de risques ont déjà été pris. Le virus ne s’isolera pas tout seul, c’est l’irresponsabilité de la direction qui favorise sa propagation !

Dassault irresponsable ?
La D.G. parle d’environ 150 salariés contaminés dans les différents sites, ce qui est déjà considérable, et démontre le danger  d’être rassemblés à plusieurs dizaines ou centaines dans un même lieu.
Les autorités sanitaires demandent, sur tous les tons, de rester isolé à la maison, en expliquant qu’il s’agit de la meilleure protection.
 Dassault, de son côté, sonne déjà le rappel. Cela ressemble à un coup de poignard dans le dos des soignants.


Pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre
Dans sa volonté de minorer ce danger et son irresponsabilité, la D.G. omet volontairement de comptabiliser tous les prestataires, intérimaires et sous-traitants contaminés ou malades qui travaillent dans ses usines. Le covid 19 ne fait pourtant pas de distinction entre les différents contrats de travail, il infecte tout le monde et chacun participe ainsi de la contamination.
Dassault a besoin du travail de tous, mais ne veut être responsable de rien.


Un compte bancaire dans la tête
Les répercussions de la crise sanitaire dans l’entreprise ont clairement mis en lumière les priorités de la direction générale  aux ordres des actionnaires. C’est : « coûte que coûte assurer la production et le chiffre d’affaire».
Bref, leurs profits passent avant notre sécurité. Ne laissons pas notre destin entre leurs mains.

Plus forts et plus malins
Le 17 mars dernier,  afin d’éviter les risques de contamination, c’est nous qui avons dû imposer la fermeture de l’entreprise en arrêtant le travail.
Cette force collective, nous allons en avoir à nouveau besoin dans l’avenir proche. d’abord, pour ne pas reprendre l’activité avant que l’épidémie ne soit jugulée, et ensuite pour les futurs combats que le patronat et le gouvernement préparent avec les lois déjà votées.



Dassault se prépare, préparons-nous !
Alors que l’épidémie bat son plein, la D.G. tente d’ores et déjà d’organiser  la reprise.
Échaudée par son premier recul devant la grève qui l’a conduite à fermer l’usine elle va tenter d’ y aller prudemment. Elle va nous appeler les uns après les autres ? Afin d’éviter que notre colère ne la force à reculer une nouvelle fois ?
Sa priorité, ce sont ses profits ; la nôtre, c’est notre santé et notre vie. Ça ne se marchande pas !

Dassault bonimenteur
La D.G. met les petits plats dans les grands pour nous présenter les équipements de sécurité qui seraient, parait-il, à notre disposition en cas de reprise.
On peut entendre ou voir à longueur d’antenne des hospitaliers, des soignants des EHPAD, des pharmaciens, des caissières de supermarchés qui souffrent de la pénurie en équipements de protection et Dassault affirme en détenir en nombre pour la production de Rafale et autres jets de luxe.
Il n’a même pas honte de le proclamer.

On n’est pas seuls
Le débrayage du mardi 17 a eu beaucoup d’échos dans d’autres entreprises du coin. Par exemple, à Bezons, il a été suivi d’un débrayage les jours suivants chez PPG. Et même ailleurs, voir des travailleurs refuser collectivement de se faire exposer par des décisions irresponsables de dirigeant a été ressenti comme un encouragement par tous ceux qui ne veulent pas sacrifier leur peau aux profits.
Face aux dangers, c’est notre conscience qui nous protégera et en particulier celle d’appartenir au même camp des travailleurs.


Tous les mêmes : 

Chez Labinal, équipementier aéronautique, près de Toulouse, la direction a décidé la réouverture de l’usine en assurant aux salariés que les conditions de sécurité seraient scrupuleusement respectées … et le patron va jusqu’à consulter les salariés sur « les mesures sanitaire ».
Mais les questions qu’il ne pose pas c’est : « pourquoi maintenir le travail de câblage alors que les personnels de santé nous supplient de rester confinés ? » ; ou « pourquoi utiliser masques, gels, tenues spéciales, pour faire du câblage, alors que ce type de matériel manque dans les hôpitaux, les Ephad, les supermarchés, qui eux sont vitaux pour la société ».
Ce que le patron veut faire admettre en mettant en discussion les « conditions sanitaires », c’est le préalable qui ne souffre pas de discussion : « il faut venir travailler » en oubliant de préciser : pour la santé des profits.


N’hésite pas à faire circuler ce bulletin

mercredi 25 mars 2020

echos de :La Poste – Saint-Étienne : L'irresponsabilité de la direction, facteur d'aggravation du virus

La Poste profite, comme beaucoup de sociétés, du flou et des ambigüités du gouvernement pour obliger les salariés à continuer à aller au travail, au nom de la "continuité du service public". Le service public, c'est donc lorsque ça les arrange, car ça fait longtemps que la Poste est gérée comme une boîte privée !
La direction a insisté pour que les guichets restent ouverts, car il y a la partie banque, très importante pour elle. Et au courrier, si le gel et les gants sont distribués (ou plutôt, il faut aller les chercher dans le bureau des chefs !), les masques sont absents. Les mesures de distanciation sociale sont respectées pour le tri général mais, là où le bât blesse, c'est pour la préparation des tournées, où les casiers sont en rang d'oignons.
Vu la baisse du volume du courrier du fait du confinement, les facteurs demandent à ne travailler qu'un jour sur deux, et en horaire décalé. On y vient, mais tout ce temps perdu a mis en danger des vies de postiers et d'usagers !

Hôpital de la Echos de Croix-Rousse - Lyon : Masques : les prestidigitateurs !

Avec l’épidémie, la durée de vie officielle des masques a fortement augmenté. Elle est passée de quatre heures d’efficacité (ce qui est enseigné en formation) à une journée entière. La direction a beau se cacher derrière la certification du service d’hygiène, elle ne trompe personne. On ne pensait pas que la science était basée… sur le nombre de masques disponibles.
Par ailleurs, pour ne porter qu’un masque par jour et par personne sans y toucher, il ne faudrait ni boire ni manger pendant huit heures. Quand on pose le problème, on nous rétorque : « vous êtes capables de rester sans boire le temps du travail ». On voit bien qui sont les soldats sur le front, et les généraux planqués à l’arrière.
Enfin, la direction a placardé la photo d’un couple suspecté de voler des masques. Comme en temps de guerre, la délation est un moyen crapuleux de nous diviser et de détourner notre regard des vrais responsables. Car celui qui a diminué les stocks de masques pour faire des économies, c’est bien l’État !