jeudi 21 mars 2019

Vendredi 29 mars 2019 : Meeting Paris à 20h30 Grande salle de la Mutualité - 24, rue Saint-Victor - Paris 5e Entrée libre




Enseignement : “école de la confiance”, défiance

24 % des enseignants du premier degré étaient en grève mardi 19 mars contre la loi « pour une école de la confiance », les suppressions de postes et les fermetures de classes.

Le ministre de l’Éducation Blanquer n’a cessé de dire qu’il faisait beaucoup pour l’école primaire en restaurant deux niveaux (CP et CE1) à 12 élèves par classe. Cette mesure signifie effectivement une amélioration des conditions pour les enseignants et les élèves concernés, mais elle se fait au détriment des autres niveaux d’enseignement, le nombre de postes créés n’étant pas suffisant. Plus de 100 000 classes dépassent les 25 élèves et certaines, en maternelle, rassemblent jusqu’à 30 élèves.

La suppression massive de postes prévue d’ici 2021 par le gouvernement l’oblige à de nombreuses transformations. Ainsi il n’y aura plus un directeur dans chaque école. Elles seront regroupées et placées sous l’autorité du principal de collège du secteur, aidé d’un adjoint chargé du premier degré. Une partie des directeurs d’école bénéficiaient d’heures pendant lesquelles ils n’enseignaient pas, afin de pouvoir assurer le travail administratif ainsi que les relations avec les parents et les enseignants. Ce ne sont pas les principaux de collèges ou leur adjoint qui assureront ces tâches, mais Blanquer aura ainsi récupéré des heures d’enseignement.

D’autres mesures ont mis le personnel en colère, tel le financement des écoles maternelles privées par les collectivités, du fait de l’obligation de scolarisation dès trois ans, la mise en concurrence des écoles, la formation au rabais des enseignants… Le premier article du texte impose aux enseignants un droit de réserve sur leurs critiques contre l’institution scolaire, qualifiées de « dénigrement ». Le Parlement a aussi voté l’amendement proposé par la droite qui impose la présence dans les classes d’un drapeau ou d’un poster portant les couleurs de la France et de l’Europe ainsi que l’affichage des paroles de la Marseillaise. Les symboles cocardiers ne remplaceront pas pour les élèves l’apprentissage des savoirs fondamentaux.

Loin d’une école de confiance, c’est une école muselée et encadrée par moins d’enseignants et d’adultes que Blanquer met en place.

Le peuple algérien ne lâche rien face aux manoeuvres du pouvoir

La dernière manœuvre du clan Bouteflika a consisté à renoncer au cinquième mandat d’un président impotent… pour mieux prolonger le quatrième. Elle n’a en rien entamé la détermination des contestataires. Vendredi 15 mars, les manifestants étaient plus nombreux que jamais, peut-être 15 millions dans tout le pays. « Système dégage », scandent-ils : la colère contre les affairistes qui accaparent les ressources du pays est générale. Elle touche toutes les régions de ce pays immense, et jusqu’aux Algériens en France. Elle mobilise les femmes, que les islamistes avaient voulu cloîtrer à la maison. De nombreuses couches sociales, y compris des catégories privilégiées comme les juges, sont mobilisées. La jeunesse scolarisée est en pointe dans la mobilisation.

Les Algériens ont de quoi être révoltés par ce système qui les condamne à la précarité, au dénuement, pendant que les privilégiés liés au pouvoir se gavent, tout en affichant leur mépris pour les classes populaires. En Algérie, le salaire minimum ne dépasse pas 130 euros mensuels. Quand on sait qu’Issad Redrab, le patron du conglomérat de l’agroalimentaire, de la distribution et de l’industrie Cevital, a accumulé une fortune de 3,7 milliards de dollars, on mesure l’exploitation féroce réalisée par les capitalistes.

Quelles sont aujourd'hui les perspectives pour le peuple algérien ? Pour l’instant, l’armée se tient en retrait. Mais le passé a montré que ses dirigeants n’hésitaient pas à tirer sur la population. En 1988, l’armée a tué des centaines de jeunes manifestants. Durant les années 1990, elle répondit aux massacres des islamistes par d’autres massacres. En 2001 encore, elle a réprimé en Kabylie en faisant 125 morts au bas mot. Les islamistes sont eux aussi en embuscade, même si certains se sont discrédités en participant au pouvoir. Enfin, il est possible que les dignitaires du régime finissent par accéder à la demande d’élections sans Bouteflika et se reportent sur un autre homme qui garantirait leurs privilèges.

Si les médias français ne rapportent que les manifestations du vendredi, toute une agitation traverse en permanence l’Algérie. Des grèves éclatent dans de nombreuses entreprises publiques ou privées : dans les chemins de fer, les hydrocarbures, les chantiers, l’industrie, etc. Les travailleurs réclament le départ de Bouteflika et parfois aussi des augmentations de salaires. Il est à espérer que ces grèves se multiplient et que les travailleurs réalisent ainsi le rôle qu’ils jouent dans la société. Produisant toutes les richesses accaparées par les privilégiés, ils détiennent un levier incomparable. S’organiser dans leurs entreprises peut leur permettre de se constituer en une force sociale et collective qui compte.

Les travailleurs rejettent le système en place. Mais ils ont intérêt à imposer que le changement ne soit pas seulement un ravalement de façade. S’il se réduit au remplacement de Bouteflika par un autre dignitaire, en quoi la vie des jeunes chômeurs si nombreux, des travailleurs si précaires et si mal payés, en serait-elle transformée ? Il faut espérer que ces derniers exercent leur contrôle sur les événements. Ils ne doivent pas accepter un changement qui se réduirait à changer les têtes sans remettre en cause l’accaparement des richesses tant dénoncé.

Les manifestants ciblent également Macron, qui soutient la clique en place. Pendant 132 ans, la France a pillé l’Algérie après l’avoir colonisée dans des violences atroces. Aujourd'hui, les capitalistes français liés au régime de Bouteflika continuent de piller les ressources et le travail des Algériens. Alors que de plus en plus de jeunes risquent leur vie pour franchir la Méditerranée, le gouvernement français réduit le nombre de visas accordés aux Algériens. Le Pen, elle, voudrait carrément les supprimer ! Elle est la digne héritière de son père, ancien de l’Algérie française et officier tortionnaire pendant la guerre d’Algérie.

Ces politiciens français défendent les intérêts des possédants des deux pays. Les travailleurs de France ont, eux, toutes les raisons d’être solidaires de la lutte des travailleurs d’Algérie. Les capitalistes qui les exploitent sont parfois les mêmes : Renault, Total, Lafarge, Sanofi et consorts. Leurs intérêts de travailleurs sont les mêmes aussi.

Alors, tous nos espoirs se portent vers les femmes et les hommes qui, de l’autre côté de la Méditerranée, se battent pour avoir un travail et pouvoir en vivre correctement, pour la liberté et pour la dignité. Vive la lutte des travailleuses et des travailleurs d’Algérie !


mardi 12 mars 2019

Le renoncement de Bouteflika, un encouragement pour le peuple algérien




Le renoncement de Bouteflika à un cinquième mandat est un premier succès de la contestation en Algérie. Vendredi 8 mars, dans tout le pays, les manifestations ont été massives. Jamais autant d’Algériens, de nombreuses femmes en particulier, n’avaient crié leur colère. Celle-ci est entièrement légitime. La population ne supportait plus la mascarade qui consistait à maintenir un impotent à la tête de l’État, tandis qu’en coulisses les affairistes qui gravitent autour de lui s’approprient les ressources du pays.
Les travailleurs, jeunes et moins jeunes, avec ou sans travail, forment, avec les étudiants, le gros des cortèges. Ils sont révoltés par ce qu’ils appellent la « mal vie », la dégradation de leurs conditions d’existence. Le salaire minimum est de 130 euros mensuels, et encore de nombreux travailleurs ne le touchent pas. La précarité est la règle. Les jeunes forment la majorité de la population, et un tiers d’entre eux sont au chômage. Dans l’espoir d’une vie meilleure, ils sont de plus en plus nombreux à tenter de traverser la Méditerranée, au péril de leur vie.
Alors que le pays est riche en hydrocarbures, les services publics se dégradent, les écoles sont surchargées, les hôpitaux sont à l’abandon. L’été dernier, une épidémie de choléra, cette maladie de la pauvreté, a frappé. En même temps, les affairistes siphonnent les recettes du pétrole, du gaz, du BTP ou de l’import-export. Les capitalistes étrangers, les Renault, Total, Sanofi ou Lafarge, ne sont pas en reste, attirés par les ressources du pays et la main-d’œuvre bon marché.
Quelles sont maintenant les perspectives pour le peuple algérien ? En renonçant au cinquième mandat de Bouteflika et en reportant l’élection présidentielle, le régime espère mettre fin à la contestation. Un homme plus jeune de la clique au pouvoir, sur le nom duquel les différents clans se seraient mis d’accord, peut lui succéder. Cela reviendrait à tout changer… pour que rien ne change. Les révoltes tunisienne et égyptienne de 2011 furent porteuses de grands espoirs. Bien des protestataires y ont donné leur vie. Pour autant, pour les classes populaires de ces deux pays, l’espoir a été trahi. Les riches ont gardé le pouvoir réel. En Égypte, un dictateur a pris la place du précédent.
En Algérie même, l’armée peut représenter un danger. Par le passé, elle a montré qu’elle était prête aux pires massacres. Ce fut notamment le cas en octobre 1988, quand les jeunes des quartiers populaires se mobilisèrent et que l’armée en tua plusieurs centaines.
Des intérêts contradictoires se dissimulent derrière l’unanimité des manifestants. La majorité d’entre eux veulent avoir un travail et pouvoir en vivre dignement. Des privilégiés, comme le milliardaire Issad Rebrab, patron de Cevital, veulent une plus grande part du butin. D’autres encore, tel l’entrepreneur franco-algérien Rachid Nekkaz, veulent la leur. Et la lutte fait rage pour les places au sommet de l’État.
Des grèves ont touché de nombreuses entreprises. Il est à espérer que les travailleurs y expriment leurs intérêts de classe. Sans cela, même les revendications démocratiques risquent de ne pas être satisfaites. Et pour les jeunes au chômage, pour les pauvres, quel changement y aurait-il à avoir un nouvel homme fort, qui serait aussi méprisant que la clique au pouvoir ?
Alors, il est à espérer que la contestation, forte de ce premier succès sur la question du cinquième mandat, se poursuive. Il est à espérer qu’elle cible aussi ceux qui accaparent les richesses produites par le monde du travail. « Ils ont des millions, nous sommes des millions », disent certains manifestants. Oui, il faut que les millions d’opprimés ciblent les millionnaires !
Il paraît que les événements inquièteraient Macron, solidaire du pouvoir algérien. À l’inverse, la solidarité des travailleurs d’ici va aux manifestants. Leur révolte pourrait ouvrir des perspectives pour les travailleurs du reste du Maghreb, et aussi pour ceux d’ici. Depuis les 132 ans de domination coloniale et de pillage imposés par l’État français au peuple algérien, l’histoire des deux pays est entremêlée. C’est en particulier avec l’immigration algérienne que la classe ouvrière d’ici s’est construite.
Les travailleurs d’Algérie et de France ont les mêmes intérêts. Alors, puissent-ils les faire valoir, de l’autre côté de la Méditerranée comme ici. Vive la lutte de nos sœurs et de nos frères d’Algérie !

vendredi 1 mars 2019

Air France/KLM : rivalité entre États bourgeois

L'État néerlandais vient d'acheter des actions discrètement afin de faire monter sa participation au capital du groupe Air France-KLM presque au même niveau que celle de l'État français, ce qui a irrité Macron et son gouvernement. Si les deux entreprises forment un même groupe depuis 15 ans, elles ont des divergences d'intérêts, par exemple préserver la prépondérance de l’aéroport principal, soit Roissy, soit Amsterdam. Et chacune des branches reste soutenue par son État d'origine.
Les travailleurs n'ont aucun intérêt à défendre dans ces bisbilles entre détenteurs d’actions et gouvernants à leurs bottes.

Sud Radio : Nathalie Arthaud au Petit Déjeuner Politique

le 28.02.2019 / 15mn

mardi 26 février 2019

Conseil municipal


Les articles qui suivent rapportent les interventions Lutte Ouvrière, au conseil municipal du 20 février 2019, sur l’Agglomération, le débat d’orientation budgétaire et la mise en place du RIFSEET, le nouveau système de primes des travailleurs territoriaux.